mai 2018

26mai9 h 30 min26juin0 h 00 minAppel à communications Journée d’études ECCO AMLAT 16 octobre 2018

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Détails de l'événement

Affinités électives et divergences critiques : artistes et critiques face à l’art d’Amérique latine de la seconde moitié du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui

Journée d’études organisée dans le cadre du programme de recherche « Écritures et paroles d’artistes : contributions aux scènes artistiques contemporaines d’Amérique latine » dirigé par Laurence Corbel avec le concours des Archives de la critique d’art de Rennes et de la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne.

Date : 16 octobre 2018. Lieu : Archives de la critique d’art, Rennes.

Cette journée d’études est consacrée à la scène critique en Amérique latine considérée sous l’angle spécifique des dialogues et collaborations qui se sont développés entre artistes et critiques d’art. On se propose d’envisager ces échanges à partir des productions théoriques et critiques de ces acteurs du monde de l’art. Vecteurs de circulation des idées artistiques, espaces de débat et de création discursive, les textes d’artistes et de critiques d’art constituent une source privilégiée pour analyser la teneur des échanges qu’ils développent et pour repérer les affinités qui les rapprochent ou les conflits qui les opposent. Ces écrits, où se construisent des discours théoriques et critiques à distance des modèles qui ont cours en Europe et aux États-Unis, ont un rôle central dans le renouvellement des discours sur l’art en Amérique latine lié à l’émergence de nouvelles formes artistiques à partir de la fin des années 1950. Dans ce contexte d’effervescence culturelle et de crise de la critique, certains s’emploient à en proposer une théorie qu’ils conçoivent comme un outil de la critique et reconsidèrent à nouveaux frais ses fondements tandis que d’autres inventent un nouveau langage adapté à des pratiques artistiques expérimentales.

Une nouvelle figure de la critique émerge, celle du « compagnon d’aventures des artistes » (Frederico Morais), de l’interlocuteur qui s’engage dans un travail de proximité avec la production artistique. Quand ils n’ont pas eu le projet de fonder un mouvement ou une tendance de l’art, de s’en faire le porte parole (Pierre Restany, Jorge Glusberg), des critiques (Jorge Romero Brest et Oscar Masotta en Argentine, Ronaldo Brito, Frederico Morais, Mario Pedrosa, Roberto Pontual au Brésil, Nelly Richard au Chili, Marta Traba en Colombie, Gerardo Mosquera à Cuba, Juan Acha au Mexique) se sont engagés dans la découverte et la diffusion de nouvelles productions artistiques.

Ce rapprochement des critiques et des artistes, favorisé par les contextes de répression et de censure, n’exclut pas cependant des conflits de légitimité entre critiques d’art et artistes ou des divergences qui marquent leurs positionnements et leurs conceptions de ce qu’est l’engagement dans ou par l’art. C’est aussi l’autorité du critique qui est mise en question dans les différents déplacements des rôles traditionnellement assignés à l’artiste et au critique sur la scène artistique d’Amérique latine.

À travers des analyses de cas, on cherchera à saisir ce que ces dialogues entre des pratiques particulières et situées nous apprennent sur l’art et à mesurer leur importance pour la compréhension de son histoire. Il s’agit de dégager le sens de ces échanges entre artistes et critiques d’art, en montrant dans quels temps (période de dictatures ou de transition et de retour à la démocratie) et dans quels espaces (presse quotidienne, revues spécialisées ou catalogues d’exposition ; institutions ou réseaux alternatifs), apparaissent des problématiques spécifiques, des questionnements artistiques, critiques et méthodologiques et des concepts nouveaux. L’enjeu est d’évaluer la portée de ces dialogues, de dresser un bilan provisoire de ces échanges, d’examiner s’ils ont permis de construire une communauté critique et théorique ainsi qu’un discours critique latino-américain de l’art. Le corpus du programme de recherche couvre prioritairement l’Argentine, le Brésil, la Colombie, Cuba, le Chili et le Mexique.

Les propositions pourront s’inscrire dans les axes suivants qui ne sont pas exclusifs :

1- Les dialogues entre artistes et critiques d’art au prisme des écrits

Ce premier axe s’intéresse aux échanges convergents ou conflictuels qui se tissent entre critiques et artistes par l’entremise des textes qu’ils diffusent. À la faveur du rapprochement que défendent les critiques avec le discours des artistes, on observe une intensification des dialogues entre artistes et critiques. Qu’ils soient engagés directement par les auteurs des textes avec leurs contemporains ou qu’ils procèdent d’une lecture rétrospective à distance, ces dialogues renseignent, par exemple, la réception que les artistes font des lectures des œuvres par les critiques ou la manière dont ils rendent compte d’un mouvement. Quelles réponses les approches de la critique suscitent-elles de la part des artistes ? Quel regard portent-ils sur la critique telle qu’elle est mise en œuvre par ceux qui en font leur prérogative ? Symétriquement, les analyses des critiques sont parfois adossées aux écrits ou aux déclarations d’artistes. Quelle place et quel statut les critiques leur donnent-ils, quels usages en font-ils ? Le renouvellement de la critique d’art, que l’on observe à partir des années 1950, met-il en question les partages entre art et critique ?

2- Régimes discursifs, modèles critiques, concepts et catégories artistiques en question

Cet axe concerne plus précisément les mises en œuvre des productions théoriques et critiques des artistes et des critiques d’art : formes de l’écriture, inventions de labels artistiques et de catégories critiques, déplacements de perspectives sont, parmi d’autres, des caractéristiques de ces discours sur l’art. Si les clivages entre artistes et critiques ou théoriciens s’estompent comme en témoignent l’existence d’artistes théoriciens (Hélio Oiticica, Lygia Clark), de théoriciens poètes (Fereira Gullar), la défense d’une « critique de création » (Frederico Morais) ou encore la création de la revue Malasartes (1975-1976) ou du journal A Parte do Fogo (1980) proposant des regards croisés d’artistes et de critiques sur l’art, quelles divergences subsistent dans la façon dont artistes et critiques conçoivent l’activité critique, sa place et sa fonction dans le monde de l’art, son rapport au marché ? Ces dissensions sont-elles imputables à l’écart qui sépare processus de production artistique et réception critique ?

3- L’exposition, cadre de débats entre critiques d’art et artistes

Les expositions, pourvoyeuses de textes de catalogues, d’articles de presse où s’expriment des points de vue consensuels ou conflictuels, sont propices aux dialogues entre artistes et critiques. L’engagement de critiques (Aracy Amaral, Frederico Morais, Walter Zanini) dans l’organisation d’événements artistiques, dans la direction d’institutions muséales ou la création de structures (Jorge Glusberg et le CAYC) n’ont pas seulement permis de promouvoir la jeune création mais elle a aussi donné lieu à des collaborations décisives (celles de Lygia Pape avec Aracy Amaral, de Walter Zanini avec Julio Plaza) autant qu’à des controverses ou des conflits souvent accompagnés d’échanges qui passent par l’écrit. Comment ces interactions sont-elles relayées dans les publications ? De quelle manière l’activité dite curatoriale a-t-elle contribué à la réflexion sur les formats de l’exposition et à l’invention de propositions alternatives, adaptées à ces formes artistiques inédites ?

Les propositions de communications (400 mots maximum) accompagnées d’un titre et d’une note bio-bibliographique doivent être adressées avant le 25 mai 2018 à laurence.corbel@gmail.com. Réponse avant le 15 juin 2018.

Comité scientifique :

Nathalie Boulouch (Université Rennes 2/ Archives de la critique d’art)

Laurence Corbel (Université Rennes 2)

Berenice Gustavino (Faculté de Bellas Artes, Universidad Nacional de La Plata, Área Transdepartamental de Crítica de Artes, Universidad Nacional de las Artes)

Jacques Leenhardt (EHESS, Paris/ AICA International)

 

Date / Heure

Mai 26 (Samedi) 9 h 30 min - Juin 26 (Mardi) 0 h 00 min

Localisation

Archives de la critique d'art

Organisateur

Maison des Sciences de l'Homme en Bretagne 2 avenue Gaston Berger, CS 24307, 35043 Rennes

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