Fonds Gérald Gassiot-Talabot

Biographie, historique

Gérald Gassiot-Talabot, né le 13 novembre 1929 à Alger, est décédé à Paris le 13 juin 2002.

Il a mené une carrière diversifiée d'éditeur, d'inspecteur général de la création artistique (Délégation aux Arts Plastiques – Ministère de la culture), de commissaire d'exposition et de critique d'art et d'architecture.

Après des études de Droit et Sciences Economiques, Gérald Gassiot-Talabot est entré à la Librairie Hachette en 1957 comme attaché de direction aux Guides Bleus. Il y a ensuite occupé les postes de directeur des collections (1962-1972), secrétaire général des Annales (1970-1971), directeur des Guides Bleus (1974-1982). Conjointement, il a été directeur d'Hachette-Littérature (1979), directeur d'Hachette-Réalités et directeur-gérant des éditions du Chêne (1980-1982).

Durant les années 1980, Gérald Gassiot-Talabot a exercé différentes fonctions au Ministère de la culture. De septembre 1982 à janvier 1986, il a occupé le poste de délégué-adjoint aux Arts Plastiques aux côtés de Claude Mollard. Il a dirigé le service de la création artistique et a été responsable des achats et des commandes. Conjointement, et jusqu'en mai 1987, il a exercé‚ les fonctions d'inspecteur général, directeur-adjoint du Centre National des Arts Plastiques, puis a eu en charge le Fonds National d'Art Contemporain.

Critique d'art, Gérald Gassiot-Talabot a été l'un des fondateurs de la revue Opus International en 1967 au sein de laquelle il a régulièrement collaboré, consacrant des numéros thématiques qui exprimaient ses choix critiques ("Réalismes", n°44-45). Il y a occupé la fonction de conseiller de la rédaction.

De 1973 à 1980, Gérald Gassiot-Talabot a été vice-président de la section française de l'AICA France (Association Internationale des Critiques d'Art).

Gérald Gassiot-Talabot a largement contribué à l'émergence et à la définition de la Figuration Narrative ou Nouvelle Figuration au début des années 1960. En 1964, il a organisé l'exposition Mythologies quotidiennes dont l'enjeu était de situer un groupe de jeunes peintres figuratifs face aux tendances dominantes de l'art comme le Pop Art américain. Il a interprété leurs travaux comme une réponse à la nécessité de prendre en charge, par la représentation, la réalité quotidienne et les préoccupations culturelles et sociales de l'homme moderne. Poursuivant cette réflexion au travers des expositions Figuration narrative (1965 et 1967) et le Monde en Question (1967), il a insisté sur l'articulation nécessaire entre art et politique.

Il a proposé de caractériser cette peinture du début des années 1960 par les récits, anecdotes et imageries empruntés aux médias qu'elle mettait en scène. Dix ans plus tard, la manifestation Mythologies Quotidiennes 2 conçue avec Jean-Louis Pradel, s'est concentrée sur les travaux qui cherchaient à construire les mythes modernes au profit d'images chargées d'une mythologie individuelle et personnelle. En 1979, il a présenté à l'ARC ses Partis-pris: tendances de l'art en France, les partis-pris de Gérald Gassiot-Talabot, faisant le constat, chez les jeunes artistes, d'un renoncement à la temporalité qui caractérisait selon lui les travaux des années 1960, au profit d'un éclectisme des styles et des pratiques.

Peu de temps avant la disparition de Gérald Gassiot-Talabot, la Délégation aux arts plastiques a initié, avec la collaboration de Jean-Luc Chalumeau, la publication de l’ensemble de ses textes critiques sous le titre : La Figuration narrative (éd. Jacqueline Chambon, 2003).

Gérald Gassiot-Talabot a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur et Chevalier des Arts et Lettres.

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