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Le Jeudi 31 Mai 2012 à 13h01, par Cyrille Habert - Editions de la Transparence

Dans son compte rendu sur le livre de L. Brogowski ("CRITIQUE D'ART" n°39, p.35), Vincent Pécoil affirme que l’auteur prête à Ad Reinhardt un "hégélianisme". Un tel commentaire n’est possible que si on arrête la lecture avant la p. 40, où Brogowski écrit : « C’est dans la seconde partie de ce travail que je mettrai en relation, comme je l’ai fait pour Hegel, diverses citations d’auteurs anarchistes avec celles d’Ad Reinhardt ». Éditeur de l’ouvrage, je profite du droit de réponse pour restituer la thèse qu’il porte. Brogowski est le seul chercheur qui, depuis 1997, s’intéresse aux sources des citations dont sont composés les écrits de Reinhardt. Or, il en identifie deux, et non pas une seule : les références à Hegel explicitent le sens de la conscience historique chez Reinhardt qui considère l’histoire comme un tout ; les références à l’anarchisme permettent de comprendre l’importance du « non » créateur que l’artiste moderne oppose à toutes les productions passées et présentes de l’art. « La tradition montre à l’artiste ce qui n’est plus à faire, écrit Reinhardt en 1957. La “raison” dans l’art montre ce que l’art n’est pas. » C’est ce double engagement rationnel de l’artiste moderne que Reinhardt théorise à travers le concept de « responsabilité esthétique », qui devient un impératif catégorique de l’artiste moderne : « Ce que sait aujourd’hui tout artiste […], c’est qu’il doit connaître, pour être capable d’oublier, toute l’histoire intemporelle de l’art du monde entier, de l’Est et de l’Ouest, l’ensemble de ses dix ou vingt mille ans. » La création artistique à l’époque moderne impliquant une interprétation systématique de l’histoire, on peut observer comment déjà chez Reinhardt le langage devient progressivement le lieu propre de l’invention, y compris en peinture, position qui justifie le choix que fait Brogowski d’interpréter l’art d’Ad Reinhardt à partir de ses écrits : l’attitude moderne dans l’art serait de nature éthique. – Je regrette qu’un compte rendu aussi tronqué dénature le propos de l’auteur.

Le Mardi 31 Janvier 2012 à 17h05, par Lydie Decobert

Je me permets de vous faire part de ma stupéfaction face à la critique concernant l'essai "On n'y entend rien : répétitions". Il apparaît au travers des propos de B-N.A. que le texte a été lu en oblique, ce qui n'est pas sérieux pour un critique d'art qui me reproche un manque de rigueur.
La "Lettre (spirituelle) à Daniel Arasse" n'est volontairement pas datée, l'historien d'art étant décédé au moment de son écriture.
Il est écrit dans le texte de B-N.A. : "Des liens entre musique et peinture [...], il n'est, en effet, pas vraiment question ici". Je vous fais part de ma surprise, car il n'est question que de cela tout au long de l'essai ! Par exemples, j'ai développé l'intuition de D. Arasse (émise dans "Histoires de peintures", 2004, p.96) sur la musicalité de la "Dernière Cène" de Vinci où les apôtres semblent jouer comme des notes sur une portée. Vous trouverez l'étude comparative d'un "Motet à la Vierge" de Josquin Desprez avec "Joseph en Egypte" de Jacopo Pontormo (p.75-87). Un chapitre intitulé "Le Chant des balustres" met en évidence la musicalité de la composition des "Noces de Cana" (p.75-87). Je compare plus loin les "Toccate" de Girolamo Frescobaldi aux "suites" des Vénus avec musiciens de Titien (p. 181-183). Tout ceci sans que la perspective "soit sollicitée à l'excès", comme il m'en est fait grief puisqu'on ne la trouve que dans les "Noces".
Quelques-uns de ces textes ont été présentés et discutés (avant d'être publiés) à des musicologues lors de séminaires (à l'O.M.F. et Paris-IV) et mon souci a été de ne pas trahir la pensée des musiciens auxquels je référais.
Je ne connaissais pas l'analogie d'un vagin avec l'ouïe de luth ou "fonds creux de tambourins" : cette imagination débordante explique la totale méprise de B-N.A. sur mes intentions. Cette personne a probablement lu (au moins) la page 16 où le lieu commun de l'instrument de musique/membre viril est rappelé pour pouvoir mieux être "dépassé" dans la suite du texte.

Le Jeudi 26 Novembre 2009 à 10h10, par Michel Vignard

Le droit de réponse de MM. Toulouse et Cusset se borne à opposer d’autres jugements au mien. Le match est singulièrement nul et la riposte ne vaudrait pas la peine d’être relevée si tout cela ne visait à récuser ma critique de la traduction d’« Iconologie » qu’ils publient ; je me dois donc d’y répondre sur le fond.
Calamiteuse est l’orthographe de « Il conclue » (p.157) ; surprenante, pour ne pas dire extravagante dans un ouvrage universitaire, celles de « va de paire » (p.149) ou de « lapse de temps » (p.167).
Nombreux sont les syntagmes fleurant l’anglicisme : « les commentaires d’un érudit tel Maimonide » (p.76) ; « Tel que l’écrit Georges Lichtein » (p.253) ; ou pire : « Tel que l’émet Jean Baudrillard » (p.309).
Que dire d’une syntaxe baroque jusqu’à l’obscurité : « Même l’entreprise critique fondée sur la thèse de Joseph Franck qui veut « de » la « forme spatiale » qu’elle participe de la modernité littéraire… » (p.161).
Le reste est à l’avenant !
Ni la plume des traducteurs ni l’œil des éditeurs n’ont identifié dans le « Marcel » Pleynet de la page 276 le bien connu « Marcelin » Pleynet !
Et que dire de la coquille qui écorne le titre original d’un autre ouvrage de Mitchell dès la première note de cette édition française, « What Do Picture (sic) Want ? » (p.17) !
Je rappellerai que nonobstant mes réserves, et parce que je ne sacrifie pas le fond à la forme, j’ai largement contribué à ouvrir le débat sur ce livre. J’ai parlé une première fois d’« Iconologie » au micro de « Tout arrive » sur France Culture, le 2 juin 2009. Nous y avons reçu Thomas Mitchell lors de son passage à Paris, le 11 septembre suivant, et pour l’occasion j’avais personnellement proposé que ce fût aux côtés de l’anthropologue, professeur au Collège de France, Philippe Descola, dont les récents travaux sur l’image croisent ceux de l’auteur d’« Iconologie ». A quoi s’ajoute la recension pour « Critique d’art ».
Aux lecteurs à présent de dire qui, de l’éditeur ou du critique, prend sa tâche de passeur le plus au sérieux.

Le Mardi 24 Novembre 2009 à 14h02, par Rémy Toulouse & François Cusset

Qu’est-il arrivé à la critique d’art ? Avec ces quelques mots formant le titre d’un de ses livres, James Elkins pointe un glissement dans le traitement critique de l’art des dernières décennies. Autrefois polémique, passionnée et prompte à prendre position, celle-ci serait devenue neutre, ambiguë, nuancée et proliférant sur tous types de supports promotionnels ou commerciaux. C’est pour rallumer à lui seul la flamme vacillante de la critique que M. Vignard s’est cru tenu d’épicer sa fade recension d’« Iconologie » de quelques mots péremptoires et assassins sur la qualité de sa traduction. Ainsi, cette dernière serait « calamiteuse », son orthographe « surprenante » (M. Vignard peut-il exemplifier et nous expliquer ce que cela peut bien vouloir dire ? Une orthographe est juste ou fausse, certainement pas surprenante) et sa syntaxe « outrageusement décalquée de l’anglais » (impliquant sans doute que ni l’éditeur, ni les traducteurs ne maîtrisent leur langue maternelle). Tout cela décrété sur le ton assuré du censeur distribuant les bons et les mauvais points.
Ainsi, n’importe qui peut mettre à mal la réputation d’un éditeur ou d’un traducteur, là où énormément d’efforts, de temps et de patience sont nécessaires à sa « construction ». Or il se trouve que le travail des Prairies ordinaires a, dans ce domaine, été largement remarqué et loué. Ce fut le cas de bien des ouvrages que nous avons publiés, et ce fut le cas d’ « Iconologie ». Des connaisseurs du travail de Mitchell ont ainsi souligné la qualité et la fluidité de sa traduction, tels que François Brunet en France, ou les collaborateurs de Mitchell à Chicago qui l’ont consultée.
Pour s’autoriser de telles attaques contre la forme, notons que l’on aurait pu espérer une meilleure lecture du contenu. Nous invitons M. Vignard, dorénavant à plus de minutie lorsqu’il se permettra à nouveau de juger. Faute de quoi, nous lui serions reconnaissants de bien vouloir admettre qu’il s’est trompé et que, peut-être, sa plume est allée plus vite que ses pensées.

Le Lundi 02 Juin 2008 à 16h04, par Sylvie Mokhtari

Réponse au courrier de Nathalie Magnan :

En concertation avec Dork Zabunyan, auteur de la note de lecture critique n°56, publiée dans le n°31 de "CRITIQUE D'ART", nous vous invitons à élargir votre connaissance sur les Cyborg Studies en allant chercher du côté des recherches de Katherine Hayles, enseignante à UCLA.

Le Lundi 02 Juin 2008 à 15h03, par Nathalie Magnan

J'étais très heureuse de lire une critique des traductions d'Haraway dans le numéro 31 de "CRITIQUE D'ART", mais j'aimerais en savoir plus sur "une discipline" qui se nomme "cyborgologie" - Cyborg Studies. Dans quelle université ?




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