ROMERO BREST Jorge - Archives de la critique d'Art

Jorge ROMERO BREST

Biographie

Professeur, critique d’art et directeur d’institutions culturelles, Jorge Romero Brest est né en 1905 et décédé en 1989 à Buenos Aires.

Jorge Romero Brest est une figure majeure de la critique d’art argentine. Diplômé en droit et en éducation physique, c’est après son premier voyage en Europe en 1933 qu’il décide de se consacrer à l’art. Ses voyages ultérieurs en Europe et aux États-Unis auront également un impact sur sa manière de penser l’art.

Il débute sa carrière de professeur en histoire de l’art à l’université de La Plata en 1939. Il contribue parallèlement aux quotidiens La Vanguardia, entre 1939 et 1940, et Argentina Libre, entre 1940 et 1946. En 1941, il crée la chaire d’enseignement et de recherche artistique au Colegio Libre de Estudios Superiores de Buenos Aires. Mais son opposition au Péronisme le contraint à démissionner. C’est d’ailleurs face à la montée du péronisme qu’il décide de rejoindre le Parti socialiste en 1945. Un peu plus tard, il devient le rédacteur en chef de l’influente revue Ver y Estimar, vecteur des idées de l’art moderne en Amérique latine entre 1948 et 1955, qui comprend des contributions internationales dont celles de Mário Pedrosa, Fernando García Esteban, Mathias Goeritz, Lionello Venturi et Max Bill. Dans les pages de cette revue, Jorge Romero Brest envisage le développement de l’art par l’abstraction. Il écrit également régulièrement pour plusieurs revues : Art International, Plural, Visión et Eco.

À partir de 1956, il dirige à la fois l’Instituto de Estética à la Facultad de Filosofía y Letras de l’université de Buenos Aires, poste qu’il occupe jusqu’en 1961, et le Museo Nacional de Bellas Arte. Dans cette institution, il réorganise les collections pour mettre en valeur l’art moderne et prône l’abstraction.

Il quitte son poste de directeur au Museo Nacional de Bellas Artes en 1963 pour diriger le Centro de Artes Visuales de l’Instituto Torcuato Di Tella dédié aux expérimentations interdisciplinaires entre culture et science.

Au tournant des années 1960, un voyage en Europe et aux États-Unis et l’émergence du Pop Art conduisent Jorge Romero Brest à revoir ses positions sur l’abstraction géométrique et l’art concret comme l’unique progression de l’art. Pendant ces années, il participe à la promotion internationale des avant-gardes argentines, notamment par la co-organisation pour le Walker Art Center of Minneapolis de l’exposition New Art of Argentina, exposition itinérante aux États-Unis de 1964 à 1965.

Sa théorie de l’art évolue de nouveau quand il quitte l’Instituto Torcuato Di Tella en 1970. Il perçoit alors l’œuvre d’art comme un objet de consommation. En réponse à cette mutation, il crée avec sa femme Marta Romero Brest, Edgardo Giménez, Raquel Edelman et Martina Bontempi, une compagnie pour l’art consommable, Fuera de Caja, Centro de Arte para Consumir, dans laquelle sont fabriqués des objets du quotidien. Ces objets utiles, tels que des vêtements, accessoires ou posters, sont considérés par le critique comme les nouveaux objets d’art, qui participent à la formation du goût populaire.

Parmi ses publications comptent : El problema del arte y del artista contemporáneos: Bases para su dilucidación crítica (1937), Historia de las Artes Plásticas en quatre volumes (1945-1958), La pintura europea contemporánea (1900-1950) (1952), La Rescate del arte (1980), Arte visual: pasado, presente y futuro (1981), Cultura y calidad de vida (1985), ¿La estética o lo estético? (1988).

D’abord président de la section argentine de l’AICA, dès sa création en 1951, Jorge Romero Brest est vice-président de l’association de 1953 à 1958, puis de nouveau entre de 1963 à 1965.

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