Nathalie Magnan (1956-2016) est théoricienne activiste des médias, cyberféministe, et réalisatrice française. Ses archives, données par Reine Prat en 2020, versées dans la collection de l’INHA-Archives de la critique d’art, sont vastes, riches et complexes.

Les points d’entrée y sont multiples et s’enchevêtrent parfois, à l’image des engagements politiques et intellectuels de l’autrice. Émergeant du fonds d’archives, cet ensemble de documents réunit les traces visuelles d’une histoire de l’activisme queer aux États-Unis à la fin du XXe siècle. Nathalie Magnan arrive aux États-Unis au début des années 1980 et ne retournera en France que dix ans plus tard. Cette décennie correspond à l’émergence du sida qui, plus qu’une épidémie, fut aussi une crise politique et sociale profonde. Les objets de ce corpus sont des ephemera. Ce sont, comme l’explique l’historienne et critique des arts Elisabeth Lebovici des « matériaux visuels qui sont, par vocation, destinés à être multipliés, disséminés, transitoires, jetés après que leur péremption eut été effective » [LEBOVICI, Elisabeth. Ce que le sida m’a fait – Art et activisme à la fin du XXe, Paris : JRP Ringier, 2017, p.11]. Utilisés dans les mouvements activistes comme outils de lutte, leur présence dans les archives témoigne d’une résistance face à l’oubli ; une résistance menée par Nathalie Magnan dans sa manière même de collecter et d’archiver les traces.

Liste des documents :

  1. « The dyke manifesto » : manifeste rédigé par le collectif new-yorkais d’activistes féministes lesbiennes The Lesbian Avenger. Produit en 1993, ce manifeste est le résultat d’un travail collectif entre les différents membres du collectif. Toutefois, Carrie Moyer, l’une des membres, signe la partie graphique du document. Celui-ci avait pour but d’être disséminé lors de manifestations ou au sein des réseaux militants. Il contient les lignes politiques directrices du collectif et invite le.la lecteur.ice. à les rejoindre.
  2. Carte postale No sex produite par l’autrice américaine de bande dessinée Alison Bechdel. Elle s’impose à partir des années 1980 grâce à ses streap de bande dessinée à travers lesquels elle parle aux communautés lesbiennes depuis sa propre expérience de lesbienne.
  3. Programme de l’exposition « Representation of our (R)age : A Community Discussion of Feminism, Art and Media Activism », mai [1989], Santa Cruz.
  4. Planche d’autocollants produits par Act Up-New York pour l’appel à la mobilisation le 23 janvier 1991, « Journée du désespoir ».
  5. Ensemble d’autocollants du collectif Queer Nation (1990).
  6. Carton d’invitation pour une soirée du Club Q (1989).
  7. Carte du collectif activiste AKIMBO, basé à San Francisco.
  8. Carte du producteur de film indépendant Esoterix Pix drag king culture.
  9. Carte postale « Significant No-No’s : What not to do after the big break-up » de Mary-Linn Hughes, produit au Women’s Graphic Center (1984).
  10. Un numéro spécial sur l’activisme culturel du journal The Village Voice (octobre 1983).
  11. Rouleau d’autocollant ACT UP silent = death.
  12. Grand macaron ACT UP silent = death.
  13. Carte postale « join lesbians united », Jill Posner, The Women’s Press (1981).
  14. Ensemble de pin’s.

Texte par Capucine Leroy (2022).

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