mars 2020

12mars(mars 12)9 h 00 min25(mars 25)9 h 00 minAline Dallier-PopperHommage

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Détails de l'événement

Nous apprenons avec tristesse le décès d’Aline Dallier-Popper (1927-2020).
A Franck Popper, son époux, à tous ses proches, nous adressons nos sincères condoléances.
En hommage à cette « pionnière de la critique d’art féministe », nous publions le témoignage sensible de son amie Liliane Terrier.

Aline nous a quittés le 5 février 2020. Nous ne l’avons appris qu’un mois plus tard dans le journal Le Monde.
Notre dernière rencontre, c’était à la mi-août 2019, dans cet hôtel-résidence pour seniors assez « cafardeux »avec Frank Popper son mari, rue de Longchamp, derrière le musée Guimet. Aline était très vivante, très attentive au confort de Frank, mais très fatiguée physiquement.
Aline a été ma collègue et amie, maîtresse de conférences dans le département d’Arts plastiques de l’université Paris 8, depuis le début des années 1980, lorsque nous avons quitté Vincennes pour Saint-Denis. Nous aimions aller au McDonald’s de Saint-Denis, sur le chemin du retour vers Paris, après les cours.  Lorsqu’avec Monique Kissel, autre collègue et artiste, nous improvisions des expositions dans nos ateliers, Aline était là. Nous avons partagé des responsabilités pédagogiques au sein du département Arts avec Jean-Claude Moineau, son fidèle ami.  Au printemps 1983, avec Aline, nous avons tenu une table ronde ouverte aux visiteurs, à propos du copy-art, art éphémère s’il en est, dans l’espace même de la section « Electragraphie » de l’exposition Electra (l’électricité et l’électronique dans l’art au XXe siècle) au musée d’art moderne de la Ville de Paris avec les copy-artistes exposantes Sonia Sheridan, Patti Hill, Gudrun von Malzan. Enfin, Aline a été ma marraine enthousiaste pour ma demande d’adhésion à l’AICA-France en 2011.
Les archives d’Aline Dallier-Popper,– qui a choisi ce double patronyme pour souligner son long travail collaboratif avec Frank – déposées aux Archives de la critique d’art aident à connaître en profondeur « le processus de travail historique à l’œuvre dans la pensée de cette pionnière de la critique d’art féministe » dès les années 1970, explique Fabienne Dumont dans son article publié dans le n°31 de CRITIQUE D’ART et illustré de fac-similés des notes manuscrites d’Aline de sa belle écriture ronde (voir l’article en ligne ici).

Le livre indispensable pour comprendre qui elle était : Aline Dallier-Popper, Art, féminisme, post-féminisme : un parcours de critique d’art (Paris : L’Harmattan, 2009) allie la franchise de sa parole dans l’entretien avec Claudine Romero, au corpus indispensable d’une sélection de ses articles choisis par elle.

Liliane Terrier, 11 mars 2020
Membre de l’AICA-France

Page de l’autrice dans le Répertoire des critiques d’art

Le théoricien de l’art Jean-Claude Moineau nous fait parvenir son témoignage. Nous le publions ci-dessous :
« J’avais moi-même beaucoup d’amitié pour Aline que j’ai connue bien antérieurement à l’ouverture de Paris 8. Aline que j’ai toujours tenue pour ma part sans le lui avoir jamais dit pour un personnage fellinien (telle Gelsomina) échappé à La Strada. Ce alors que je lui avais dit, lors d’une des dernières fois, je crois bien, que je l’ai vue, combien je souhaitais que puissent  être réunis et republiés ses textes sur l’apport à l’art contemporain des artistes femmes, textes qui, relevant d’une approche féministe pionnière de l’art et de l’histoire de l’art, notamment pour ce qui est de la France où cet apport reste toujours par trop ignoré, bien avant l’essor, principalement aux USA, des feminist studies, constituent à mon sens le principal, combien précieux, de l’apport théorique d’Aline et se reflétaient dans ses choix  pédagogiques, lesquels j’ai cherché à ne pas trahir quand j’ai pris sa succession, quelles que pouvaient être, comme de juste, nos divergences de détail. »

Date / Heure

12 (Jeudi) 9 h 00 min - 25 (Mercredi) 9 h 00 min

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