janvier 2021

29jan(jan 29)9 h 00 min31mars(mars 31)19 h 00 minGeorgia René-Worms - Lauréate 2021Aide à l'écriture et à la publication d'un essai critique

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Détails de l'événement

Georgia René-Worms est la sixième lauréate de l’aide à l’écriture et à la publication d’un essai critique.


Georgia René-Worms, 2021 © d.r.

Cette aide à l’écriture et à la publication d’un essai critique, mise en place en 2015, est proposée par l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et l’Institut français, en partenariat avec le ministère de la Culture – Direction générale de la création artistique.
Afin de soutenir la production intellectuelle innovante et engagée dans le domaine de la critique d’art, elle permet à de jeunes auteurs∙et autrices, français∙es ou vivant en France depuis au moins cinq ans, arrivé∙e∙s à un stade de première reconnaissance professionnelle, de réaliser une mobilité de recherche dans le champ de l’art contemporain à l’étranger, de publier et de diffuser l’essai critique qui résultera de ce voyage.

Diplômée de la Villa Arson Ecole nationale supérieure d’art (en 2014), Georgia René-Worms a aussi pris part aux programmes de l’Ecole du Magasin (2015) et au post-diplôme de Lyon (2017-2018). Son travail s’articule autour deux axes : documentaire – en général autour de figures féministes – et narratif. Elle y développe une écriture expérimentale, dans la veine des new narrative et des narrations non-fictionnelles où l’autrice s’efforce de représenter honnêtement l’expérience subjective sans prétendre qu’un texte puisse être absolument objectif. Les questions centrales qui habitent sa méthodologie sont : qu’est-ce que nous fait la recherche et qu’est-ce que nous avons le droit de lui faire ? Comment prend-on l’histoire en soi ? Comment raconter une histoire qui n’est pas la nôtre ? Qu’est-ce que le travail fait de nous ? Qu’est-ce que la matérialité qui nous traverse ? Ou l’intangibilité de ce que l’on manipule ? Elle considère ses recherches comme des expériences de vies, où intimité et travail s’interpénètrent.
Georgia René-Worms a été résidente du CIAP Vassivière, de la Via Farini à Milan, du centre d’art du Parc Saint-Léger (où elle développa une recherche sur les vêtements unisexes, faisant se croiser histoire du costume et édition de textes originaux) et de la Villa Champollion au Caire. Elle a participé en tant que curatrice au programme Generator, initié par 40mcube à Rennes. Elle a également bénéficié pour ses recherches des soutiens de la DRAC Limousin (pour la production d’un ouvrage collectif au sein duquel elle a travaillé sur la dépossession des savoir médicinaux des femmes, entre autres par le biais de l’histoire de la sorcellerie), de la DRAC PACA, de la Fondation Nuovi Mecenati (recherche sur les relations entre la scène artistique italienne des années 1960-70 et les groupes militants féministes du pays) et de l’Institut français.


José Leonilson, Favorite Game, dessin, encre sur papier © Ruben Chiri, avec l’autorisation de Projeto Leonilson

Partant de son expérience personnelle, elle réfléchit à la possibilité de mettre en place un corpus, autre que celui de la littérature scientifique, pour aborder dans un geste émancipateur l’histoire des corps malades, avec les outils qui sont les siens : ceux de l’art. C’est dans ce contexte et pour la production d’un texte sur l’artiste brésilien José Leonilson qu’elle est lauréate de l’aide à l’écriture et à la publication d’un essai critique, intitulé « Jose Leonilson (1975-1993) : un récit de soi depuis la maladie (Brésil 1990- 1993) ». Figure majeure de années 1980, et décédé en 1993 à l’âge de trente-six ans, Leonilson a laissé une œuvre profondément autobiographique. L’essai critique de Georgia René-Worms se concentrera sur l’aspect narratif de l’œuvre de Leonilson en partant du projet Ideal Vogue (1976), artefact queer d’une trentaine de pages qui regroupe dessins, collages, aquarelles et textes (entretiens, chroniques, compte rendu de collections). Leonilson s’approprie le format et y injectent une culture de la marge, des sexualités discriminées ou des minorités du pays. Il fait allusion à sa vie privée autant par des mots qui apparaissent dans ses broderies que par les techniques mises en place pour la production de ses pièces, comme des boutons, des pierres semi-précieuses qui introduisent une procédure fondamentale dans son travail : la couture. Le rapport à la narration depuis le corps s’exprime essentiellement à travers la réappropriation du vêtement et ses techniques. Diagnostiqué du Sida en 1991, Leonilson modifie sa pratique profondément. Les productions se font plus fragiles, reflétant l’adaptation physique de sa pratique à l’état de son corps.
La question de la documentation de la maladie, mais aussi à la manière dont cette mémoire est conservée est au cœur de l’essai qui sera publié à l’automne 2021 dans le n°57 de « CRITIQUE D’ART ». Il interrogera à la fois la conscience active de l’artiste, mais aussi la volonté de la famille à travers le projet d’archives Projeto Leonilson de rendre visible cette narration de la maladie. Cet essai s’appuiera sur les œuvres présentées lors de la première rétrospective européenne de José Leonilson au KW Institute for Contemporary Art Berlin, ainsi que sur un voyage de recherche dans les archives Projeto Leonilson à São Paulo. A travers les œuvres de Leonilson, il s’agira aussi d’explorer un Brésil à la sortie de plus de vingt années de dictature et en pleine révolution moléculaire, comme le décrit le schizo-analyste Félix Guattari et la psychanalyste Suely Rolnik dans leur journal Micropolitiques : « la révolution moléculaire : ce n’est pas un mot d’ordre, un programme, c’est quelque chose que l’on sent, que l’on vie, dans des rencontres, dans des institutions, dans des affects et aussi à travers quelques réflexions. »

Le texte de Georgia René-Worms sera publié en français et en anglais dans la rubrique « Essai » au sommaire du n°57 de la revue « CRITIQUE D’ART : actualité de la littérature critique sur l’art contemporain = The International Review of Contemporary Art Criticism » [automne/hiver 2021]

Aide attribuée par un jury composé d’historiens de l’art, de commissaires d’exposition, de critiques d’art membres de l’AICA (Association International des Critiques d’Art) et de représentants de l’Institut français et de l’INHA.

Découvrir les autres essais publiés dans « CRITIQUE D’ART » depuis 2015 ici

Date / Heure

Janvier 29 (Vendredi) 9 h 00 min - Mars 31 (Mercredi) 19 h 00 min

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