avril 2018

06avr11 h 00 min17 h 00 min« L’effet Dubuffet »Journée d'études

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Détails de l'événement

La journée d’étude du 6 avril 2018 est la troisième du programme de recherche La « relation critique » en France : les arts visuels vus à travers les écrits, 1944-1964 (https://relarts.hypotheses.org). Elle se déroulera aux Archives de la critique d’art-INHA, à Rennes.
Comme à propos de Bram van Velde, c’est l’œuvre d’un peintre, Jean Dubuffet (1901-1985) qui sera la situation observée. Pourquoi ce peintre ? Pour au moins trois raisons.
D’abord, l’évolution de sa carrière même est exemplaire de la suprématie progressive de New-York sur Paris dans la période qui nous intéresse. C’est le 8 juillet 1944, avant même la Libération de Paris, que paraît dans Comoedia le premier article sur l’œuvre de Jean Dubuffet, sous la plume de Georges Limbour : « Révélation d’un peintre Jean Dubuffet ». Le peintre expose chez René Drouin, à Paris. Mais, dès 1947, son œuvre traverse l’Atlantique pour être présentée à la Galerie Pierre-Matisse de New York. En 1968, a lieu une première exposition à la Pace Gallery, qui va présenter, cinquante ans plus tard (en mai 2018), ses Théâtres de mémoire. Dubuffet ira même jusqu’à se détourner totalement de Paris, abandonnant la galerie Jeanne-Bucher entre 1971 et 1982. Comment expliquer l’impact de l’œuvre de ce peintre aux États-Unis et quel effet y a-t-elle produit ?
Ensuite, son œuvre est une de celles qui symbolisent le mieux, en tout cas au niveau français, le passage de relais entre les critiques écrivains et les critiques « professionnels », les historiens d’art et les philosophes s’emparant du leadership dans ce domaine, au milieu du xxe siècle. Georges Limbour publie Tableau bon levain, à vous de cuire la pâte, en 1953, mais son livre suivant, Le Recensement universel, ne paraîtra jamais. C’est Hubert Damisch que choisit Dubuffet dans les années 1960. Enfin, cette œuvre-« continent » (Gaëtan Picon) est exemplaire d’une relation critique qui, dans cette période, peine à se définir, mesure ses propres impasses, et ce, dans un double mouvement discursif : « L’effet Dubuffet », pour reprendre encore le mot de Picon, suscite l’enthousiasme ou scandalise, dans un affrontement des discours en écho à ce combat en quoi consiste la peinture, décrit par Limbour au début de Tableau bon levain. En face, le peintre qui est aussi écrivain s’interroge sur la critique, jusqu’à la contester dans ses fondements mêmes.

Deux spécialistes de Jean Dubuffet, Sophie Berrebi, professeur à l’université d’Amsterdam, et Baptiste Brun, maître de conférences à l’université de Rennes 2, confronteront leur point de vue à ceux de Dorian Manier, jeune chercheur à l’université de Paris Sorbonne, spécialiste de Gaëtan Picon, et Martine Colin-Picon et Françoise Nicol qui ont dirigé l’édition des écrits sur l’art de Georges Limbour.

Programme

11h : Nathalie BOULOUCH, directrice : accueil et présentation des Archives de la critique d’art-INHA.

11h15-11h30 : Françoise NICOL, introduction de la séance.

11h30-12h15 : Dorian MANIER, université de Paris 4-Sorbonne, « L’effet Dubuffet » (Gaëtan Picon).

14h00-14h30: Atelier de lecture : les étudiants sont invités à questionner en parallèle deux textes sur Jean Dubuffet, l’un d’Hubert Damisch, l’autre de Georges Limbour. Réflexion méthodologique.

14h30-16h : Sophie BERREBI, université d’Amsterdam et Baptiste BRUN, université de Rennes 2 : table-ronde « Jean Dubuffet : pour une critique de la critique », suivie d’une discussion.

La table-ronde sera dirigée par Martine COLIN-PICON et F. NICOL.

16h15-16h30 : M. COLIN-PICON et F. NICOL, brève présentation de l’inédit de G. Limbour, Le Recensement universel.

17h : fin de la séance.

Légende de l’image
Exposition « René Drouin : quand le catalogue d’exposition devient livre d’art »,
Bibliothèque du musée des arts décoratifs, Paris, 2017

Date / Heure

(Vendredi) 11 h 00 min - 17 h 00 min

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